Yves Guillo, Senior Manager Supply Chain chez EFESO Management Consultants, appelle à repenser le pilotage logistique. La supply chain devient un écosystème vivant, fondé sur la collaboration et la gouvernance partagée.
Yves Guillo, expert en transformation supply chain chez EFESO, signe une tribune qui appelle à rompre avec le modèle logistique traditionnel. Selon lui, l’avenir repose sur une démarche écosystémique, collaborative et résiliente. La gouvernance, plus que la technologie, devient le véritable levier de performance. Pour éviter ruptures, surcoûts et perte d’agilité, les entreprises doivent changer de paradigme.
L’illusion de la performance locale
Les événements récents ont révélé l’extrême sensibilité des chaînes logistiques. En 2021, la fermeture d’une fonderie de magnésium en Chine a mis sous pression toute l’industrie automobile européenne. Un simple retard dans un port asiatique, en pleine pandémie, a désynchronisé les usines de plusieurs continents.
Par conséquent, Yves Guillo souligne que les entreprises les plus avancées s’émancipent des modèles traditionnels. C’est le cas dans les domaines tels que l’aéronautique, l’électronique ou encore la distribution. Elles optent pour des dispositifs intégrés, fondés sur la transparence et la synchronisation des flux. La logique d’optimisation locale laisse place à une coordination globale.
Gouvernance partagée : sortir de la défiance
Changer de modèle implique un véritable virage culturel. Le Senior Manager d’EFESO insiste : « Il faut fixer des objectifs communs — service, coût total, résilience — plutôt que d’optimiser chaque maillon de manière isolée. » Cette bascule repose sur le partage d’informations clés : prévisions, stocks, capacités. Des gains mesurables en résultent. Dans l’agroalimentaire, la mutualisation des prévisions réduit les ruptures de 20 %.
En aéronautique, la co-planification améliore la stabilité des plans jusqu’à 25 %. Mais le frein reste culturel : la peur de perdre la souveraineté sur les données. Yves Guillo rappelle que ce partage n’est pas un renoncement stratégique, mais un accélérateur de performance : meilleure visibilité, décisions plus rapides, baisse des stocks de sécurité. « La mutualisation, dit-il, est avant tout un choix de gouvernance. »
Le digital : catalyseur mais pas remède
Les technologies permettent de soutenir cette nouvelle démarche : plateformes collaboratives, tours de contrôle, jumeaux numériques. Dans la pharmacie, ces outils raccourcissent les délais de réaction en cas de rupture. Mais l’auteur est clair : « Le digital ne remplace pas la gouvernance. Sans règles de partage claires, les outils restent inefficaces. » Il appelle à une redéfinition des indicateurs de performance : TCO global, résilience réseau, empreinte carbone. La clé du succès n’est plus le surstockage, mais l’orchestration intelligente des partenaires.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

