La croissance des emplois dans la logistique face aux défis du transport routier
Les chiffres récents issus du dernier rapport de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL) mettent en lumière une évolution contrastée des emplois au sein du secteur relevant de la Convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires du transport (CCNTR). Fin 2024, environ 811.000 salariés étaient actifs dans ce domaine en France. Sur cette dernière période, l’effectif a augmenté de 0,6 %, marquant un rebond modéré après une croissance de 0,3 % en 2023.
Cette progression globale masque toutefois des disparités notables entre les métiers du transport routier et ceux de la logistique. Alors que les effectifs liés au transport routier de marchandises restent relativement stables, autour de 424.000 salariés, les métiers relevant de la logistique enregistrent une croissance bien plus dynamique, avec une hausse de l’ordre de 4,6 %. En valeur absolue, cela représente la création de 2.600 emplois sur un total de 5.000 emplois supplémentaires au sein de la branche.
Cette tendance s’explique par l’évolution des pratiques dans la gestion de la supply chain, où l’optimisation des flux et la digitalisation favorisent la montée en puissance des fonctions logistiques. Cette dynamique invite les professionnels à s’intéresser de près aux indicateurs de performance logistique, essentiels pour maîtriser les coûts et améliorer la réactivité face à une demande en constante mutation.
Par ailleurs, le contexte économique ralenti observé en 2024, avec une croissance modérée et des marges sous pression, a pesé principalement sur le transport routier, tout en amplifiant la nécessité de s’adapter par des solutions innovantes, notamment en matière d’automatisation et de rationalisation des processus. Cette évolution est visible dans d’autres études dédiées aux tâches logistiques automatisées, où la robotisation et l’intelligence artificielle contribuent à améliorer la compétitivité des opérations.
Rémunérations et valorisation des métiers logistiques dans un environnement concurrentiel
Au-delà des volumes d’emploi, la tendance salariale dans le secteur des transports et de la logistique illustre une reconnaissance progressive des compétences spécifiques liées aux métiers logistiques. En 2023, le salaire annuel brut moyen d’un salarié relevant de la CCNTR a atteint 34.844 €, en hausse de 5 % comparé à l’année précédente. Cette augmentation marque l’importance d’une main-d’œuvre qualifiée dans un secteur soumis à de fortes tensions.
Dans le détail, les rémunérations progressent plus rapidement dans les métiers de la logistique, où la moyenne atteint 35.823 €. Les responsables d’entrepôts, en pointe dans l’application des techniques modernes de gestion des stocks et de pilotage des flux, bénéficient d’un salaire moyen encore plus élevé, à 41.949 €. Cette tendance reflète la complexité croissante des rôles associés à un pilotage optimisé des entrepôts, qui passent désormais par la maîtrise des solutions innovantes d’entrepôt logistique, intégrant automatisation, gestion assistée par intelligence artificielle, et éco-conception.
La pression concurrentielle et les exigences réglementaires dans le contexte européen incitent également les entreprises à investir dans la formation et l’évolution des compétences. Les métiers du secteur se transforment, avec un besoin accru de profils capables d’allier connaissances techniques et compréhension des enjeux stratégiques, comme la réduction de l’impact environnemental : un défi majeur étudié dans des ressources dédiées à l’impact climat en logistique.
Réorganisation des chaînes logistiques : opportunités et exigences pour l’emploi
Le contexte géopolitique marqué par l’escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis pousse nombre d’acteurs industriels et logistiques à revoir leurs stratégies d’approvisionnement et de distribution. General Motors, par exemple, a récemment appelé à une réorganisation des chaînes logistiques pour diminuer la dépendance à la Chine, ce qui entraîne des conséquences directes pour les métiers du transport et de la logistique.
Cette réorientation favorise un maillage territorial plus dense et une localisation accrue des activités, parfois à proximité des lieux de consommation, une tendance visible dans les innovations liées à l’impression 3D logistique de proximité et d’autres technologies permettant de raccourcir et sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Sur le plan opérationnel, cette dynamique nécessite de nouveaux profils capables de gérer des réseaux multi-sites, complexes et digitaux, intégrant à la fois des outils de pilotage avancés et une forte capacité d’adaptation.
Les perspectives offertes par cette transformation soulignent également l’enjeu de renforcer la résilience des organisations face aux risques d’interruption. Ce repositionnement gagne en priorité au regard des tendances récentes analysées dans les réflexions sur les chaînes logistiques en 2026. Il s’agit non seulement d’identifier des fournisseurs alternatifs mais aussi de repenser les flux pour limiter les coûts tout en améliorant la performance globale.
L’effet combiné de ces transformations crée de nouvelles opportunités d’emploi dans des filières innovantes, telles que le développement de solutions logistiques durables ou la mise en place d’infrastructures dédiées au e-commerce, illustrées par des partenariats comme celui entre Fnac Darty et CEVA Logistics. Ce type d’initiative témoigne des efforts pour adapter la logistique aux exigences du commerce connecté, point d’ancrage de la croissance future de la branche.


