Une onde de choc a traversé le secteur de la logistique au Canada. Plus de 2 100 salariés de DHL Express Canada se mobilisaient. La grève a menacé de paralyser les livraisons à l’échelle nationale.
Plus de 2 100 employés de DHL Express Canada, syndiqués à Unifor, ont déclenché une grève nationale après l’échec des négociations contractuelles. Les travailleurs (coursiers, chauffeurs et employés d’entrepôt) exigent de meilleurs salaires et conditions, dénonçant une mise à pied et un « verrouillage » par l’entreprise. Cette rupture menace de paralyser les livraisons à travers plusieurs provinces clés, impactant de grands clients comme Temu, Shein, et la logistique du Grand Prix Canadien. Malgré les plans d’urgence de DHL pour assurer la continuité, l’ampleur et la durée des perturbations dans la chaîne logistique restent incertaines.
Quelles sont les causes du conflit entre DHL et Unifor?
Le litige entre DHL Express Canada et Unifor trouve ses racines dans des négociations contractuelles qui se poursuivent depuis l’année dernière. L’accord en vigueur vient d’expirer le 31 décembre, entraînant une impasse entre les deux parties.
Le syndicat Unifor revendique une amélioration des salaires et des conditions de travail, tout en s’opposant aux changements proposés par DHL qui, selon lui, réduisent les rémunérations des propriétaires-exploitants. D’un autre côté, DHL cherche à obtenir un accord équitable pour ses employés tout en tenant compte de la réalité économique actuelle.
L’entreprise insiste sur le fait qu’elle souhaite maintenir une rémunération compétitive pour ses propriétaires-exploitants, garantissant ainsi une continuité des opérations sans alourdir les coûts. Cette divergence d’approches a conduit à un blocage, amplifié par la suspension des négociations par DHL en milieu de ronde de discussions.
Quels impacts cette grève pourrait-elle avoir sur les livraisons au Canada?
La grève de DHL Express Canada est susceptible de perturber significativement les flux logistiques du transporteur. Parmi les clients potentiels affectés figurent des entreprises de renommée telles que Temu, Shein, Lululemon et Siemens Canada.
De plus, DHL a des contrats intégrés avec d’autres entreprises de fret comme UPS et Loomis, ce qui pourrait se répercuter sur un large éventail d’activités commerciales et industrielles. Le syndicat Unifor a également mis en garde contre des perturbations majeures lors du Grand Prix de Formule 1 de Montréal, prévu du 13 au 15 juin.
En effet, DHL est responsable du transport des voitures de course, et une interruption de ses services pourrait avoir des répercussions sur cet événement internationalement reconnu.
Quelles mesures DHL a-t-elle mises en place pour minimiser les impacts de la grève?
Face à la grève, DHL a activé des plans de contingence destinés à maintenir une continuité des opérations. Bien que les détails spécifiques de ces mesures n’aient pas été divulgués, l’entreprise assure qu’elle peut soutenir ses opérations à travers son réseau canadien sans anticiper de disruptions significatives de ses services.
Selon les déclarations de DHL, ces initiatives proactives permettent de limiter les perturbations pour les clients et de garantir que les livraisons restent fiables malgré le conflit social. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec d’autres prestataires de services logistiques pour pallier les éventuels retards et maintenir un niveau de service adéquat pour ses partenaires commerciaux.
Quelle est la position du syndicat Unifor dans ce conflit ?
Le syndicat Unifor défend vigoureusement les intérêts de ses membres, qui incluent des coursiers, chauffeurs de camion, employés d’entrepôt et employés de bureau. Leur objectif principal est d’obtenir de meilleures rémunérations et des conditions de travail améliorées. Le syndicat s’oppose aux propositions de DHL qu’il estime diminuer les salaires des propriétaires-exploitants, une catégorie clé de travailleurs pour la société de logistique.
En mai, les employés ont voté massivement (97%) en faveur de la grève, reflet de leur frustration face aux négociations prolongées. Cette décision témoigne de l’importance cruciale de ce conflit pour les travailleurs de DHL Express Canada et souligne la nécessité d’un compromis équitable pour éviter des perturbations prolongées.
Quels sont les risques additionnels pour le secteur de la livraison au Canada?
La grève de DHL Express Canada survient à un moment déjà tendu pour le secteur de la livraison de colis au pays. Simultanément, les employés de Canada Post sont confrontés à un interdiction des heures supplémentaires dans le cadre de leurs propres négociations contractuelles.
Cette conjoncture a obligé les clients de Canada Post à se tourner davantage vers d’autres prestataires de services de livraison, augmentant ainsi la pression sur des entreprises comme DHL. Les perturbations causées par la grève de DHL pourraient exacerber les problèmes de logistique déjà existants, affectant la capacité des entreprises à assurer des livraisons rapides et fiables.
Les risques incluent des retards dans la chaîne d’approvisionnement, des interruptions de stock et une insatisfaction accrue des clients finaux, ce qui pourrait avoir des répercussions économiques larges sur divers secteurs industriels au Canada.
Comment les clients de DHL peuvent-ils se préparer face à cette grève?
Les clients de DHL Express Canada sont encouragés à anticiper les possibles retards de livraison en réorganisant leurs calendriers logistiques et en prévoyant des délais supplémentaires pour les expéditions critiques. Il faut communiquer étroitement avec les équipes de gestion des approvisionnements pour ajuster les plans en conséquence et minimiser les impacts potentiels sur les opérations commerciales.
Par ailleurs, les entreprises peuvent envisager de diversifier leurs partenaires logistiques en renforçant leurs relations avec d’autres prestataires de services de fret. L’établissement de partenariats alternatifs peut offrir une couche de sécurité supplémentaire et garantir une continuité des services en cas de perturbations prolongées dues à des conflits sociaux comme celui de DHL.
Enfin, rester informé des développements du conflit et des annonces officielles de DHL et d’Unifor est crucial pour adapter rapidement les stratégies opérationnelles en réponse aux évolutions de la situation.
Comment UPS et FedEx Canada ont géré la crise logistique
La grève de DHL Express Canada de 2024-2025 a servi de test de résilience majeur pour l’ensemble du marché logistique national. En conséquence, les principaux concurrents, UPS Canada et FedEx Canada, ont dû s’adapter en urgence pour gérer le report de volume.
Certaines entreprises ont pu absorber une partie des colis. De son côté, la crise a révélé des goulots d’étranglement. Un manque de capacités d’absorption immédiate au niveau des hubs majeurs a également été observé, notamment à Toronto et Montréal.
Aujourd’hui, en novembre 2025, ces transporteurs ont tiré des leçons en accélérant les investissements. Ils ont particulièrement renforcé l’automatisation de leurs centres de tri. En même temps, ils ont revu leurs contrats de contingence pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement à l’approche du pic de Noël.
Par ailleurs, l’incertitude sociale persiste dans le secteur. Ce qui pousse les entreprises à envisager des itinéraires alternatifs via des prestataires locaux ou à diversifier leurs options de transport (ferroviaire, maritime). L’objectif étant de minimiser l’impact d’une future grève de grande ampleur.
Cette vigilance accrue remodèle le paysage logistique canadien vers une plus grande redondance et résilience opérationnelle.
Quel est l’avenement probable de ce conflit?
Alors que les négociations entre DHL Express Canada et Unifor restent au point mort, l’avenir du conflit dépendra de la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente satisfaisant. Une résolution rapide est souhaitable pour éviter que la grève ne s’étende et n’entraîne des conséquences plus graves sur le plan logistique et économique.
Le maintien du dialogue et la volonté de compromis de part et d’autre seront déterminants pour aboutir à un accord durable. Les efforts de médiation et les concessions mutuelles pourraient ouvrir la voie à une réconciliation, permettant ainsi de rétablir la normalité des opérations chez DHL Express Canada et de stabiliser le secteur de la livraison au Canada.
FAQs
La grève a entraîné des perturbations majeures sur les livraisons nationales, affectant des entreprises clés (Temu, Lululemon) et la logistique d’événements comme le Grand Prix de Formule 1.
Oui, le conflit direct de DHL est passé, mais le secteur logistique canadien reste sous tension. Les entreprises se concentrent sur la sécurisation des opérations pour le pic des fêtes, souvent à risque de nouveaux conflits sociaux.
Les concurrents ont dû absorber une partie du volume de DHL, révélant des vulnérabilités. Ils ont depuis accéléré les investissements dans l’automatisation et les plans de contingence pour améliorer leur résilience face à de futures ruptures.
Les clients sont encouragés à diversifier leurs partenaires logistiques, à utiliser des transporteurs locaux pour la « dernière étape » et à anticiper des délais supplémentaires, surtout pour les expéditions critiques pendant la période hivernale.
Le Canada fait face à des défis spécifiques en hiver. Le risque de logistique du froid concerne le transport de produits sensibles (pharmacie, alimentaire) nécessitant une température stable, qui peut être mis à mal par des retards dus aux grèves ou aux conditions météorologiques.


