Les petits colis n’ont jamais été aussi nombreux en Île-de-France. Dans une nouvelle étude, L’Institut Paris Region analyse les effets de cette croissance sur la région.
L’Institut Paris Region s’est penché sur un phénomène devenu omniprésent : la multiplication des petits colis. Grâce à l’exploitation de données inédites et à plusieurs méthodes d’estimation, l’organisme évalue à 315 millions le nombre de colis distribués dans la région sur un an. Son analyse dépasse la seule question de la livraison et montre comment le développement du e-commerce redessine le secteur.
Une masse de colis devenue visible dans la ville
Le petit colis, de 200 grammes à 30 kilos, occupe une place à part entre le courrier et la messagerie lourde. Son format standardisé permet un tri industriel à grande vitesse. Les plateformes spécialisées traitent des dizaines de milliers d’unités par heure. Cette efficacité nourrit une présence nette dans les rues.
Véhicules utilitaires, vélos-cargos, points relais, consignes automatiques : la livraison s’est installée dans le décor urbain. En zone dense, une tournée peut compter 120 à 150 colis. Les arrêts répétés pèsent sur la circulation. La livraison hors domicile gagne aussi du terrain. Elle représente déjà plus de 30 à 40 % des achats en ligne livrés en France. Les consignes séduisent par leur souplesse, au risque de réduire le rôle des commerces relais.
Paris concentre, l’Essonne commande plus par habitant
Les données régionales restent difficiles à établir. Le secteur protège ses chiffres et les statistiques publiques restent surtout nationales. L’Institut Paris Region a croisé plusieurs sources, dont les données anonymisées d’ITinSell, pour estimer le volume francilien.
Résultat : 315 millions de colis distribués en un an, contre 303 millions sur la période précédente. Paris arrive en tête avec 61 millions de colis. L’Essonne se distingue avec près de 20 colis par an et par habitant. Le mercredi forme le pic de la semaine, le lundi marque un creux net. Trois quarts des colis de l’échantillon pèsent moins de trois kilos. Ces volumes ne relèvent pas seulement des achats des particuliers : près d’un tiers concerne les échanges entre entreprises.
Les plateformes chinoises changent la donne
La part des colis venus de Chine est estimée à 12,5 % des distributions régionales, soit près de 40 millions d’unités. Shein, Temu ou AliExpress pèsent déjà lourd dans les réseaux des opérateurs postaux. La Poste indiquait fin 2024 que ces plateformes comptaient pour 20 % de ses colis, presque autant qu’Amazon. Il repose sur l’expédition directe depuis la Chine, souvent par avion, avec une distribution locale confiée à des transporteurs. Les délais restent plus longs, de 9 à 11 jours, mais les prix bas maintiennent la demande.
L’équilibre pourrait évoluer avec les taxes douanières et le déplacement de certains flux vers d’autres aéroports européens. Comme le résume le communiqué, « l’avalanche de colis n’est donc pas près de s’arrêter ». Pour l’Île-de-France, l’enjeu dépasse la livraison : il touche le commerce local, l’emploi et la vie des centres urbains.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.


