Les entreprises ne considèrent plus la gestion du transport comme une succession d’expéditions isolées. Une étude européenne met en lumière une évolution vers des réseaux plus collaboratifs, alimentés par les données et soutenus par l’intelligence artificielle.
Le transport entre dans une nouvelle phase. Selon une étude publiée par Alpega avec l’analyste Adrian Gonzalez, président d’Adelante SCM, les entreprises ne cherchent plus uniquement à optimiser chaque expédition. Elles souhaitent désormais piloter l’ensemble de leur réseau logistique avec davantage de visibilité, de coordination et d’anticipation. Cette évolution repose autant sur la qualité des données que sur la capacité des partenaires à travailler ensemble.
Expéditeurs et transporteurs convergent vers un même objectif
L’enquête repose sur les réponses de 56 expéditeurs et de 239 transporteurs et prestataires logistiques européens. Les deux populations partagent une vision commune : les prochaines années seront marquées par des réseaux plus connectés et des décisions davantage fondées sur les données.
Les attentes diffèrent toutefois selon les métiers. Les transporteurs privilégient les leviers qui améliorent directement leur rentabilité. Plus de la moitié des répondants citent l’optimisation des prix, des itinéraires ou du chargement comme priorité. La visibilité en temps réel, la capacité à réagir rapidement aux aléas ainsi que l’exploitation de l’intelligence artificielle figurent également parmi leurs objectifs.
Les expéditeurs placent quant à eux la collaboration en tête de leurs priorités. Près de sept sur dix estiment que des relations solides avec les transporteurs feront la différence demain. La connectivité entre partenaires ainsi qu’une exécution fiable à l’échelle du réseau complètent ce trio de tête.
L’intelligence artificielle progresse grâce aux données
L’étude montre un résultat qui peut surprendre. Seuls 29 % des expéditeurs et 35 % des transporteurs considèrent directement l’intelligence artificielle comme un facteur de différenciation. Cette technologie n’est plus perçue comme une finalité, mais comme un moyen d’améliorer la qualité des décisions et la fiabilité des opérations.
Cette évolution suppose néanmoins une base de données robuste. Les informations issues des opérations quotidiennes, comme le respect des délais, les performances des livraisons ou la gestion des imprévus, alimentent les modèles d’analyse. Plus les données sont fiables, plus les recommandations générées gagnent en pertinence.
Les plateformes collaboratives occupent donc une place grandissante. Avec les données de multiples partenaires, elles créent un environnement plus favorable à l’analyse prédictive et à l’automatisation des décisions.
La confiance, le principal défi des réseaux logistiques
Le rapport souligne pourtant un décalage entre cette vision et la réalité opérationnelle. Chez les expéditeurs, les données demeurent souvent fragmentées, les systèmes communiquent difficilement entre eux et les processus restent partiellement automatisés. Seuls 27 % jugent leur intégration avec leurs partenaires satisfaisante.
Les transporteurs apparaissent plus avancés sur ces sujets, mais font face à d’autres difficultés. Ils doivent composer avec la volatilité économique, des informations parfois incomplètes et des arbitrages permanents entre qualité de service, coûts et utilisation des ressources.
Pour Adrian Gonzalez, « Ces résultats suggèrent que de nombreux défis liés au transport sont, en fin de compte, des défis de confiance. » Il estime que la visibilité, le partage d’informations et la transparence constituent désormais les fondations des réseaux logistiques performants.
Daniel Cohen, CEO d’Alpega Group, rappelle également que cette confiance se construit au fil des opérations quotidiennes. Selon lui, l’observation des comportements réels des partenaires, associée à l’intelligence artificielle, permet de produire des recommandations sur lesquelles les entreprises peuvent réellement s’appuyer.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

