Le fret est une notion pilier et indissociable du transport mondial. Ce terme technique définit à la fois la nature physique de l’acheminement et la structure de prix associée.
Pour un logisticien, comprendre ces nuances est tout à fait indispensable. Il en va de la maitrise des coûts opérationnels et de la stratégie de distribution.
En bref :
- Le fret désigne à la fois l’action physique de transporter des marchandises et le coût financier associé à cet acheminement stratégique mondial.
- En 2026, le calcul des tarifs intègre désormais une taxe carbone européenne progressive pour encourager des modes de transport plus durables et écologiques.
- L’intelligence artificielle et la digitalisation optimisent désormais les itinéraires en temps réel, et réduire les coûts opérationnels ainsi que l’empreinte environnementale de la logistique.
Fret : un terme à deux significations
La notion de fret revêt une double identité. Dans son sens matériel, elle désigne l’activité même du transport et le parcours stratégique effectué par les biens. Dans son sens financier, le fret est le coût d’expédition, incluant des variables économiques qui en font une véritable valeur boursière sujette aux fluctuations du marché mondial.
Typologie des transports : choisir le mode de fret adapté
Chaque chaîne d’approvisionnement (Supply Chain) nécessite de sélectionner le vecteur idéal :

- Le fret routier : Il demeure le plus utilisé pour sa flexibilité géographique absolue du « porte-à-porte », bien qu’il soit limité par des normes de poids strictes.
- Le fret maritime : Il offre une capacité colossale via d’immenses porte-conteneurs. C’est l’idéal pour les marchandises massives où le tarif dépend autant du volume que des conditions de soute.
- Le fret aérien : C’est aujourd’hui la solution la plus efficace pour le transport international très urgent. Il est vital pour les secteurs technologiques et pharmaceutiques.
- Le fret ferroviaire : Il gagne massivement en popularité en cette année 2026. Et ce, grâce à son excellent bilan carbone et sa capacité à sécuriser de gros volumes sur de longues distances terrestres.
Les étapes clés du transport de fret en 2026
Aujourd’hui, l’expédition d’une marchandise suit un processus technologique très rigoureux :
- La Planification par IA : Tout commence par le choix du transporteur et la vérification des itinéraires. Les algorithmes d’IA optimisent les routes en temps réel via des données satellites.
- La Préparation Robotique : L’étape physique inclut un contrôle qualité et un emballage méticuleux. C’est de plus en plus souvent réalisé par des robots de préparation de commande pour limiter les dommages.
- Le développement de l’e-CMR : La lettre de voiture numérique (e-CMR) progresse dans le transport routier international, grâce au protocole additionnel à la Convention CMR (signé en 2008) et au futur règlement européen eFTI (Electronic Freight Transport Information). Contrairement à une idée reçue, elle est loin d’être devenue « la norme absolue » Son application complète n’est attendue que pour juillet 2027. La lettre de voiture papier reste, à ce jour, parfaitement légale et largement majoritaire.
- La Tour de Contrôle (TMS) : Les entreprises utilisent des logiciels de gestion de transport (TMS). Ces systèmes offrent une visibilité totale et une communication instantanée entre le transporteur et l’expéditeur.
Le calcul du taux de fret
Le fret net est obtenu en ajustant un tarif de base par des correctifs : le BAF (carburant), le CAF (monétaire). Et, pour le transport maritime concerné par la réglementation européenne, un correctif environnemental lié au marché du carbone s’applique.
La mutation en cours depuis 2024 est l’intégration progressive du correctif environnemental EU ETS (Emissions Trading System) pour le transport maritime. Il entre en jeu là où les émissions de carbone sont désormais en partie facturées selon l’itinéraire et le tonnage du navire.
FRET NET = BASE + BAF + CAF + TAXES + EU ETS
- BASE (Tarif de base) : Point de départ de la cotation maritime, fixé contractuellement par la compagnie transporteuse.
- BAF (Bunker Adjustment Factor) : Correctif flottant indexé sur le coût du carburant soute consommé par le navire.
- CAF (Currency Adjustment Factor) : Correctif couvrant les fluctuations des taux de change entre devise de facturation et de règlement.
- TAXES (Taxes portuaires) : Surcharges temporaires d’encombrement selon les ports d’escale sur l’itinéraire emprunté.
- 2026 (Montée en puissance du correctif carbone EU ETS) : Passage de 40 % (2024) à 70 % (2025) des émissions couvertes. La surcharge appliquée en 2026 correspond à 70 % des émissions vérifiées de 2025. Et la couverture à 100 % n’étant prévue qu’à partir de 2027, selon le calendrier officiel de la Commission européenne.
Avec l’extension de la réglementation européenne EU ETS au transport maritime depuis 2024, les émissions de carbone sont de plus en plus lourdement facturées dans le calcul du fret. Et ce, selon un calendrier de montée en charge progressif (40 % en 2024, 70 % en 2025-2026, 100 % à partir de 2027).
Ce correctif s’impose aux compagnies maritimes desservant des ports européens. Et son coût varie directement selon l’itinéraire (intra-UE ou UE/pays tiers) et le tonnage du navire.
A savoir que les correctifs BAF, CAF et EU ETS sont flottants et réévalués à chaque cotation selon les conditions de marché en vigueur.
Avec l’extension de la réglementation européenne EU ETS, les émissions de carbone sont désormais lourdement facturées dans le calcul du fret. Ce nouveau correctif s’impose à tous les chargeurs — son coût variant directement selon l’itinéraire et le mode de transport choisis.
Digitalisation et automatisation : le nouveau visage de la logistique
L’industrie est désormais guidée par l’intelligence artificielle agentique. Ces systèmes sont capables d’anticiper les retards portuaires et de renégocier les routes instantanément, sans intervention humaine.
Les contrats intelligents (Smart Contracts) basés sur la blockchain garantissent l’authenticité et la traçabilité de chaque transaction. Ils ont permis d’éliminer définitivement le support papier, vulnérable aux pertes et aux fraudes.
La mutualisation des flottes, via des plateformes numériques d’affrètement, permet de réduire les trajets à vide.
Cela optimise drastiquement le taux de remplissage global des camions et des conteneurs. Le fret en 2026 est un écosystème agile et dopé à la donnée, idéal pour réduire son empreinte carbone logistique.
Ce que l’EU ETS change vraiment pour les chargeurs en 2026
L’année 2026 marque une étape significative pour les entreprises qui expédient des marchandises par voie maritime vers ou depuis l’Europe. Dorénavant, la part des émissions devant être couverte par des quotas carbone (EUA) passe de 40 % à 70 %.
Et ce, avec une application différenciée selon le trajet. Elle est de 100 % pour les voyages entre deux ports de l’Union européenne, 50 % pour les voyages entre un port européen et un pays tiers.
Certaines analyses évoquent déjà un doublement du coût total de l’EU ETS pour le secteur maritime mondial entre 2025 et 2026 (de l’ordre de 1,4 à 2,7 milliards de dollars selon les estimations disponibles).
Pareillement, plusieurs associations de transporteurs et chargeurs (dont T&E, Transport & Environment) ont pointé du doigt des marges additionnelles perçues par certains armateurs sur ces surcharges, au-delà du coût réel du carbone.
Pour les chargeurs, l’enjeu est donc double : anticiper la hausse mécanique des coûts de fret maritime liée à ce correctif. Mais aussi, vérifier, autant que possible, la cohérence des surcharges appliquées par les transporteurs avec le prix réel du quota carbone (EUA) au moment de la cotation.
Foire Aux Questions
Le fret désigne simultanément l’action physique de transporter des marchandises et le prix payé pour ce service logistique.
C’est le lien vital entre les centres de production et les zones de consommation mondiale.
Le prix final dépend d’un tarif de base (au poids ou au volume).
Il est ensuite ajusté par des correctifs obligatoires compensant le prix du carburant (BAF), les variations monétaires (CAF) et l’impact carbone du trajet (Taxes environnementales).
Le fret se concentre très spécifiquement sur le transport pur et son coût d’acheminement.
La logistique est une discipline beaucoup plus large englobant le fret, mais aussi la gestion des entrepôts, l’emballage et l’orchestration des flux.
Parce que l’intelligence artificielle et les outils de traçabilité numérique permettent de réduire les erreurs humaines et d’optimiser les chargements. Ce qui contribue à réduire les coûts et le gaspillage d’énergie. Certaines technologies comme la blockchain ou l’e-CMR, bien que prometteuses, restent en revanche encore peu répandues à ce jour dans le secteur. Leur généralisation dépendra largement de l’entrée en application complète de la réglementation européenne eFTI, prévue pour juillet 2027.

