Réformes USPS: consolidation, hausses de prix et défis financiers de la Poste américaine

Louis DeJoy a quitté la tête du service postal américain ( US) fin mars 2025. Son successeur, David Steiner, applique pourtant la même feuille de route. Tour d’horizon des transformations USPS en 2026, entre centres géants, tarifs en hausse et bataille du dernier kilomètre. 

Une stratégie de modernisation qui a changé de capitaine 

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Louis DeJoy a quitté ses fonctions de Postmaster General le 24 mars 2025. Doug Tulino, Deputy Postmaster General, a assuré l’intérim du 25 mars au 14 juillet 2025. David Steiner, ancien CEO de Waste Management de 2004 à 2016 et ancien membre du conseil d’administration de FedEx, lui a officiellement succédé à partir du 15 juillet 2025. Le nouvel homme fort a réaffirmé sa confiance dans la feuille de route héritée. « Je ne vois pas la nécessité d’une réévaluation fondamentale », a‑t‑il déclaré devant le conseil d’administration en novembre 2025. La transition s’est donc faite en douceur, sans bouleversement stratégique. 

Des centres de tri nouvelle génération pour fluidifier le réseau 

Le plan prévoit l’ouverture de 11 nouveaux centres de tri et de livraison entre septembre et octobre 2025. Baptisés « Sorting and Delivery Centers », ces hubs régionaux remplacent de petites unités dispersées. L’objectif ? Réduire les trajets redondants. Fusionner courrier et colis sous un même toit. À l’été 2026, le réseau compte près de 19 000 points de livraison. Pourtant, les volumes transitent désormais par des infrastructures plus vastes et mieux connectées. La Poste américaine assure que les bureaux locaux restent ouverts. Les particuliers ne verront aucune différence dans leurs services quotidiens. Ce maillage ultra‑capillaire (plus de 19 000 points de livraison) constitue l’arme secrète de l’USPS. Aucun concurrent ne dispose d’une telle couverture sur le territoire américain. 

Un virage tarifaire assumé pour capter des colis plus lourds 

L’USPS a augmenté ses tarifs le 18 janvier 2026. L’offre Ground Advantage a pris 7,8 % d’augmentation en moyenne. Détail important : les tarifs commerciaux ont bondi de 9,6 %, tandis que les tarifs de détail (retail) n’ont augmenté que de 5,9 %. Priority Mail a grimpé de 6,6 %. Ces hausses ne sont pas anodines. David Steiner l’a confirmé devant une sous‑commission de la Chambre des représentants en mars 2026 : l’USPS doit absolument gagner des colis plus lourds et plus rentables. Selon les analystes du secteur, le poids moyen d’un colis USPS tourne autour de 1 à 1,2 kg. Chez FedEx ou UPS, il atteint plutôt cinq livres (environ 2,3 kg). L’écart est considérable. La stratégie tarifaire encourage donc les expéditeurs à confier des charges plus hautes au réseau postal américain. 

Hausse temporaire supplémentaire (avril 2026) 

Alerte opérationnelle pour les expéditeurs français expédiant vers les États‑Unis : à compter du 26 avril 2026, l’USPS applique une hausse temporaire de 8 % sur Priority Mail Express, Priority Mail, USPS Ground Advantage et Parcel Select. Cette mesure, qui s’apparente à une première taxe carbone postale américaine (officiellement une « surcharge carburant »), restera en vigueur jusqu’au 17 janvier 2027. Cumulée avec la hausse de janvier, l’augmentation totale atteint 14 à 16 % pour les services concernés. 

Suppression du pricing à l’once (juillet 2026) 

À partir du 12 juillet 2026, l’USPS supprime la tarification à l’once pour les tarifs commerciaux Ground Advantage. Concrètement, les tranches 4 oz et 8 oz disparaissent au profit d’une tranche unique 12 oz. L’impact moyen estimé pour les expéditeurs est une augmentation de 11,8 %. Parallèlement, le diviseur dimensionnel passe de 166 à 139 (alignement sur UPS et FedEx). Ce changement pénalise particulièrement les colis volumineux et légers, un segment où l’USPS était jusqu’ici très compétitive. 

Il s’agissait d’un système de facturation au poids exact, par incréments d’once (environ 28 grammes). Sa suppression au profit d’une tranche forfaitaire pénalise les envois très légers. Si vous expédiez des petits objets (montres, composants électroniques, cosmétiques), vos coûts unitaires augmenteront mécaniquement. 

Des consolidateurs contraints de s’adapter 

Les réformes de DeJoy ont profondément secoué les partenaires logistiques comme DHL ou OSM Worldwide. La suppression des tarifs basés sur le poids a changé la donne. La fin des rabais de volume pour les dépôts locaux aussi. Conséquence directe : les consolidateurs se tournent désormais vers des envois plus lourds. En parallèle, de nouveaux acteurs de la livraison légère apparaissent pour concurrencer l’USPS sur son propre terrain. Un bouleversement silencieux mais bien réel pour qui observe le secteur. 

La bataille du dernier kilomètre s’intensifie 

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Face à UPS et FedEx, l’USPS a décidé de jouer son meilleur atout. En décembre 2025, l’agence a annoncé son intention de proposer son infrastructure de « dernier kilomètre » à ses propres concurrents. L’idée est simple : vendre l’accès à son réseau ultra‑capillaire contre rémunération. Ce mouvement s’inscrit dans la logique de « Delivering for America ». La Poste américaine possède un maillage unique aux États‑Unis. Pourquoi ne pas le monétiser davantage ? Cette décision pourrait générer des revenus supplémentaires cruciaux, alors que les difficultés financières persistent. 

Accord concret avec UPS 

UPS a déjà signé un accord préliminaire avec l’USPS en octobre 2025 pour son service économique Ground Saver. Les deux parties se sont mises d’accord sur les volumes et les tarifs. L’USPS reprend ainsi la livraison du dernier kilomètre pour UPS, après que ce dernier ait internalisé ces flux fin 2024. Carol Tomé, la PDG d’UPS, s’est dite confiante : « Il reste du travail, mais nous parviendrons à un accord gagnant‑gagnant ». 

Des pertes financières toujours présentes 

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Le tableau n’est pas totalement rose. L’USPS a enregistré une perte nette de neuf milliards de dollars en 2025, contre neuf virgule cinq milliards en 2024. La perte « contrôlable » (hors facteurs externes) a atteint 2,7 milliards de dollars en 2025, contre 1,8 milliard en 2024, soit une aggravation de 900 millions de dollars. Pourtant, l’amélioration de la perte nette est bien réelle, grâce à la hausse des revenus et à la baisse des charges. Le directeur financier Luke Grossmann a confirmé que l’USPS prévoyait encore une perte nette en 2026, avec une amélioration de 900 millions de dollars sur ce poste. Le chemin vers l’équilibre est plus long que prévu. Pourtant, David Steiner tient bon. Il appelle le Congrès à lever certains verrous législatifs. Notamment à relever le plafond d’endettement de l’agence (actuellement à 15 milliards de dollars). 

La « perte contrôlable » , c’est la perte d’exploitation hors charges imposées par la loi (retraites, accidents du travail). C’est un indicateur qui mesure la performance opérationnelle pure de l’USPS. Contrairement à la perte nette, elle exclut les éléments que la direction ne maîtrise pas. 

Contrairement à La Poste française, qui est une entreprise publique bénéficiant de subventions, l’USPS est un établissement indépendant du pouvoir exécutif américain. Elle ne reçoit aucune dotation budgétaire directe du gouvernement fédéral pour ses dépenses de fonctionnement. 

Accord historique Amazon‑USPS 

Le 6 avril 2026, une nouvelle a secoué le secteur logistique. Amazon et l’USPS ont signé un accord de dernier kilomètre inattendu. Le géant du e‑commerce menaçait de réduire des deux tiers ses volumes confiés à la Poste américaine. Il a finalement consenti à une baisse limitée à 20 %. Concrètement, l’USPS continuera d’acheminer environ 80 % des colis Amazon actuels. Selon des sources proches du dossier (Reuters), cela représente près de six milliards de dollars de revenus annuels préservés, soit entre 7,5 % et 8 % du budget total de l’agence. En échange, Amazon accepte le nouveau système d’appels d’offres mis en place par DeJoy. Une « safety valve » garantit toutefois au cybermarchand un accès prioritaire lors des pics d’activité. Sans ce compromis, l’USPS aurait fait face à un déficit d’environ neuf milliards dès l’exercice suivant. Le deal a été accueilli avec un optimisme prudent par les régulateurs et les syndicats. 

FAQ – Ce qu’il faut retenir en 2026 

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Louis DeJoy estil toujours le patron de l’USPS ?

Non. Louis DeJoy a officiellement quitté son poste le 24 mars 2025. Doug Tulino a assuré l’intérim du 25 mars au 14 juillet 2025. David P. Steiner lui a succédé le 15 juillet 2025

Le plan « Delivering for America » atil été abandonné ?

Non. David Steiner a réaffirmé son soutien à la feuille de route décennale en novembre 2025. 

Quels sont les nouveaux tarifs de l’USPS en 2026 ?

Hausses en 18 janvier 2026. Ground Advantage : moyenne 7,8 % (commercial +9,6 %, retail +5,9 %). Priority Mail : +6,6 %

Y atil eu d’autres hausses après janvier 2026 ?

Oui. Une hausse temporaire de 8 % (surcharge carburant) est entrée en vigueur le 26 avril 2026 et court jusqu’au 17 janvier 2027. De plus, le 12 juillet 2026 marque la fin du pricing à l’once pour Ground Advantage commercial (+ 11,8 % d’impact moyen). 

Quel est le poids moyen des colis expédiés par l’USPS ?

Selon les analystes, 1 à 1,2 kg. FedEx et UPS expédient en moyenne 2,3 kg

L’USPS vatelle proposer ses services à ses concurrents ?

Oui. En décembre 2025, l’agence a annoncé l’ouverture de son dernier kilomètre à UPS, FedEx et Amazon. Un accord préliminaire a déjà été signé avec UPS en octobre 2025. 

L’accord AmazonUSPS estil toujours valable ?

Oui. Signé le 6 avril 2026, il garantit à l’USPS la gestion d’environ 80 % des colis Amazon. 

Les résultats financiers de l’USPS se sont-ils améliorés ?

La situation est contrastée. La perte nette s’est réduite, passant de 9,5 milliards de dollars en 2024 à 9,0 milliards en 2025. En revanche, la perte contrôlable s’est aggravée, passant de 1,8 milliard à 2,7 milliards (une hausse de 900 millions).

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