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Tribune : réduire les factures énergétiques des entrepôts frigorifiques

Réduire les factures énergétiques des entrepôts frigorifiques : une ambition réalisable, par Simon Joubert, ingénieur commercial chez CertiNergy & Solutions.

D’importantes économies d’énergie trouveraient à se réaliser au sein des entrepôts et plateformes logistiques. Au fil des contraintes réglementaires et des incitations, le renouvellement des équipements peut largement y contribuer et solliciter une ingénierie plus écologique et judicieuse, soutenue par des mécanismes de financements performants.

L’entrepôt, parent pauvre de la rénovation

La fluctuation des prix de l’énergie impacte profondément les entreprises et ses répercussions se ressentent à tous les niveaux de l’économie jusqu’au consommateur final. Les prix de l’énergie deviennent une incitation à repenser toute la chaine de production et de distribution des ressources énergétiques. Dans ce processus, les entrepôts et plateformes logistiques sont directement concernés par d’urgentes rénovations, trop longtemps repoussées.

Infrastructures de taille industrielle, les travaux qu’elles requièrent sont lourds : entre 1 et 5 millions d’euros au seul titre de leur rénovation énergétique. Et alors que les usines de production sont, depuis plusieurs années maintenant, entrées dans une démarche vertueuse d’amélioration de leurs performances énergétiques, les entrepôts restent le parent pauvre du cheminement collectif.

Pourtant, si l’on tient compte de leurs consommations d’énergie, estimées entre 100 et 200 KWh/m² par an et pouvant aller jusqu’à 500 et 1 000 KWh/m² par an pour les entrepôts frigorifiques, les gisements potentiels d’économies sont faramineux.

Vers toujours plus d’incitation

La réduction des consommations énergétiques devient un enjeu de taille entre obligations réglementaires et incitations à agir.

Comme tous les bâtiments de plus de 1000m2, les entrepôts sont soumis au Décret Tertiaire, fixant des obligations de réduction des consommations, mais d’autres textes spécifiques s’ajoutent et favorisent les gestes de rénovation. L’exemple des entrepôts frigorifiques est en ce sens assez parlant. Ces grandes chambres froides, par lesquelles transitent tous les produits réfrigérés que l’on retrouvera dans nos supermarchés, disposent d’importantes installations dédiées à la production de froid. Elles exploitent des fluides frigorigènes, étroitement encadrés depuis les années 1990, compte tenu de leur caractère polluant. La réglementation européenne F-Gas encadre et dresse la liste des fluides exploitables, à bas potentiel d’effet de serre (indice GWP).

De manière indirecte, cette réglementation conduit les exploitants d’entrepôts frigorifiques à revoir leur parc d’équipements et leurs processus de production et distribution de froid. En renouvelant leur salle des machines, l’objectif est double : le respect du paquet réglementaire F-Gas et la réalisation d’économies d’énergie.

Mieux piloter, mieux exploiter

L’efficacité énergétique provient tout d’abord d’un bon dimensionnement des installations, permettant de faire fonctionner chaque machine dans sa plage de rendement maximal. En complément de l’amélioration du dimensionnement des installations froid, il est possible de mettre en place des systèmes de variation de vitesse, HP/BP flottante, pour se caler au vrai besoin thermique de l’entrepôt tout au long de l’année. D’autres solutions existent mais demandent un CAPEX plus important.

En parallèle, il est nécessaire de s’intéresser aux déperditions thermiques pour améliorer le ratio énergétique des entrepôts et d’agir sur l’éclairage, si cela n’a pas encore été fait.

L’ensemble des systèmes techniques du bâtiment peuvent par ailleurs être pilotés par une Gestion Technique du Bâtiment. Rendue obligatoire pour de nombreux bâtiments, la GTB est un outil pour mieux piloter et exploiter son bâtiment et vient donc en complément de potentiels travaux d’amélioration.

Les CEE : un outil d’accélération des travaux d’économies d’énergie à ne pas négliger

Les Certificats d’Economies d’Energie représentent un levier puissant à activer. Cependant leur caractère profondément technico-administratif ne facilite pas leur utilisation par les maîtres d’ouvrage.

Tout l’enjeu est alors de réunir les études, le conseil, les travaux permettant d’améliorer la performance énergétique d’un site et leur financement. Grâce aux CEE, les propriétaires d’entrepôts peuvent faire financer en grande partie leurs rénovations.

Néanmoins, comme la France n’a pas conditionné, contrairement à l’Italie, la délivrance des certificats à l’obtention de preuves de performances, il demeure important de sélectionner un partenaire s’engageant à travers un contrat de performance énergétique.

Pour la rénovation des entrepôts et des plateformes logistiques, c’est certainement la démarche la plus pragmatique à accomplir. Elle entraine dans son sillage, au-delà du respect des textes en vigueur, un véritable bénéfice financier et pose une pierre de plus à l’édifice RSE de ces structures.

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